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Famille, santé, parcours de vie (FSPV)

publié le , mis à jour le

Programme 2011-2012



Le programme FSPV rassemble des chercheurs et des doctorants travaillant sur les thématiques de la Famille, de la Santé et des parcours de vie. Depuis 2010, trois nouveaux membres s’y sont rattachés : Aurélia Mardon (Maître de conférences en Sociologie), Bernadette Tillard (Professeur de sociologie) et Pierre Brasseur (Doctorant en Sociologie). Durant l’année 2010/2011 plusieurs intervenants sont venus présenter leurs travaux en lien avec le programme lors des séminaires organisés tous les lundi matin : l’incarcération et les relations familiales (Gwenola Ricordeau), le corps des adolescents (Aurélia Mardon), la sociologie de l’alimentation (Séverine Gojard, Philippe Cardon), les maternités en situation de handicap ou de déficience mentale (Christine Gruson), l’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs (Marion Villez). Par ailleurs, deux journées d’études ont été organisées, la première, interdisciplinaire sur les mobilités résidentielles, la seconde en lien avec le Master PPLS (Pratiques et Politiques Locales de Santé), sur les jeunes en difficultés en lien avec la santé, l’insertion professionnelle et le logement. Durant l’année 2012, les séances du séminaire seront consacrées à plusieurs thèmes de recherche : les familles face au diagnostic d’Alzheimer (Aude Béliard) et aux décisions de soins (Françoise Le Borgne-Uguen), le dépistage (Jacques Rodriguez), la prise en charge des violences au sein du couple (Olivia Volpi) et enfin, les chômeurs "âgés" face aux politiques de retour à l’emploi (Claire Lefrançois). Une journée d’étude en lien avec le Master PPLS sera également organisée sur le thème : « Petite enfance et santé publique ».



Le programme Famille, Santé, Parcours de vie (FSPV) est né de la reconfiguration, à la fin de l’année 2007, du programme Sociologie de l’Economie et de la Santé (SES). En effet, le volet "sociologie économique de SES a rejoint le programme SERAS actuel. Les recherches menées au sein du progamme FSPV s’organise autour de trois grandes thématiques : la santé
(thème qui constituait le volet 1 de SES), la famille et les parcours de vie. Sociologues et démographes s’y côtoient pour croiser leurs regards et leurs méthodes en particulier en ce qui concerne l’analyse des parcours de vie ou des biographies. Les recherches présentées ne sont pas cloisonnées, elles sont souvent à l’intersection de plusieurs champs permettant des collaborations et des échanges entre les membres du programme FSPV. Les travaux de recherche en cours seront présentés en quatre thématiques :

  • Thème 1 : Parcours de vie : relation famille – emploi – logement
  • Thème 2 : Vulnérabilités sociales et inégalités
  • Thème 3 : Sociologie de la santé
  • Thème 4 : Démographie économique et sportive


Thème 1 : Parcours de vie : relation famille – emploi – logement

Trois recherches s’intéressent aux parcours de vie des individus. En particulier, elles analysent les interactions entre les trajectoires familiales et professionnelles. L’une étudie l’influence de la survenue d’un événement familial sur la trajectoire professionnelle des mères et des pères alors qu’une autre étudie l’influence de la restructuration d’une entreprise sur les arbitrages
induits entre vie familiale et vie professionnelle en y superposant les trajectoires résidentielles. La troisième s’intéresse aux parcours de décohabitation familiale de jeunes issus de milieux populaires en reliant insertion professionnelle, relations familiales et mobilité géographique.

La relation famille-emploi face à la progression des horaires atypiques (Anne Bustreel, Frédérique Cornuau, Martine Pernod-Lemattre)

Il s’agit ici d’analyser l’influence des horaires de travail sur les trajectoires professionnelles des mères de famille. On sait que l’arrivée d’enfants est souvent associée à des ruptures de trajectoires (des changements d’emploi, de statut d’emploi, des décisions d’interruption ou de réduction de l’activité professionnelle). Cet effet pourrait être amplifié par des horaires de
travail atypiques (travail le week-end, la nuit, astreintes…) qui rendent la conciliation vie professionnelle-vie familiale plus complexe, et provoquerait ainsi davantage de sorties du statut initial. Il est également lié aux politiques de gestion de la main d’oeuvre dans les entreprises.

Trajectoires de salariés après la délocalisation de leur entreprise (Cécile Vignal)

Ce projet vise à poursuivre une enquête précédente menée auprès de salariés (en majorité ouvriers) confrontés, en 2000, à la fermeture de leur usine de câbles de l’Aisne et à sa délocalisation dans l’Yonne, à deux cents kilomètres de leur domicile. L’enquête de 2000 et 2001 a permis de comprendre les motivations des arbitrages gréographiques et professionnels des salariés, c’est-à-dire d’analyser des décisions en train de se faire, pour lesquelles les
tensions entre les logiques familiales et les logiques professionnelles étaient saillantes. L’instabilité et la mobilité de l’emploi contribuaient à renforcer d’autres formes d’affiliation comme le logement, le territoire local et le réseau de parenté. On a alors pu constater combien les injonctions à la mobilité résidentielle suscitées par la délocalisation de l’emploi aggravaient les inégalités sociales entre salariés au détriment des moins qualifiés, des femmes,
des familles les plus ancrées dans leur territoire de résidence qui ont très majoritairement refusé de déménager pour suivre leur emploi. L’actuel projet porte sur les trajectoires de ces mêmes salariés pendant les huit ans qui ont suivi l’événement. Huit années après la fermeture de l’usine, nous aurons le recul temporel nécessaire pour prendre la mesure des effets de ces
arbitrages (le licenciement ou la mutation-migration) sur les trajectoires professionnelles, d’une part, et sur les situations familiales et résidentielles d’autre part. Cette restructuration d’entreprise constitue-t-elle une « rupture biographique » pour les salariés jusqu’alors dans des positions socioprofessionnelles stables ?

Parcours de décohabitation familiale de jeune issus de milieux populaires : insertion professionnelle, relations familiales et mobilité géographique (Cécile Vignal, Blandine Mortain)

Pour des jeunes peu qualifiés, issus de milieux populaires, la migration vers un espace urbain et économique dynamique peut s’avérer être une étape nécessaire à leur insertion professionnelle. Dans ces milieux, le réseau familial a pu jouer un rôle à la fois « protecteur » et « insérant », prodiguant dans le même temps une aide de subsistance et de promotion. Dans des territoires en déclin économique, la famille perd cette fonction d’insertion, au niveau local
 : les effets de protection générés par le réseau familial peuvent alors paradoxalement rendre l’insertion professionnelle moins évidente dès lors que celle-ci nécessite une mobilité géographique non expérimentée (voire non désirée) de la part des parents. Dès lors, le déménagement, qui renvoie à la question de la décohabitation, se double d’un changement de territoire de résidence, qui renvoie à la question plus large des relations familiales (à un
niveau affectif économique, symbolique) et de l’ancrage territorial familial.
L’objet de la recherche est d’analyser ce qui se joue dans les relations familiales au cours d’une décohabitation qui aura conduit à une migration. En retraçant le parcours de décohabitation lorsque celui-ci a conduit à un déménagement d’un territoire non-métropolitain vers un territoire urbain dense (en l’occurrence celui de la métropole lilloise), nous chercherons à retracer les tensions et les contradictions de ce parcours tant du point de vue du jeune adulte que de celui de ses parents, père et mère.

L’objet de la recherche est d’analyser ce qui se joue dans les relations familiales au cours d’une décohabitation qui aura conduit à une migration. En retraçant le parcours de décohabitation lorsque celui-ci a conduit à un déménagement d’un territoire non-métropolitain vers un territoire urbain dense (en l’occurrence celui de la métropole lilloise), nous chercherons à retracer les tensions et les contradictions de ce parcours tant du point de vue du jeune adulte que de celui de ses parents, père et mère.

Thème 2 : Vulnérabilités sociales et inégalités

Les questions relatives aux inégalités et aux vulnérabilités fédèrent également des chercheuses du programme FSPV autour de deux grands projets. Le premier a pour vocation de renforcer et formaliser la collaboration active de cinq chercheuses de FSPV qui se résume actuellement à des réunions de travail où sont mis en commun réflexions, questionnements et bibliographies sur le thème des vulnérabilités sociales, fil rouge commun de leurs recherches individuelles. Le second, regroupe des chercheuses de FSPV, mais aussi
des chercheuses d’autres programmes du CLERSE et du GRACC, autour des enfants pauvres. En adoptant une vision longitudinale, elles souhaitent étudier le parcours de ces enfants le long de l’échelle sociale et définir les facteurs influençant ce parcours, en particulier leur environnement familial et leurs modes de socialisation.

Les vulnérabilités sociales, entre visibilité et invisibilité (Geneviève Cresson, Caroline De Pauw, Christine Gruson, Estelle Soudant-Depelchin, Olivia Volpi).

L’objectif est non seulement de développer les connaissances relatives aux populations vulnérables mais également de voir les articulations qui existent entre ce qui est visible et ce qui est invisible, socialement parlant, dans les vulnérabilités. Par « visible » et « invisible », les chercheuses entendent la façon dont la désignation même d’une catégorie d’individus comme sujet de recherche scientifique tend à singulariser cette catégorie, c’est-à-dire à la rendre visible parce que différente d’un ensemble plus vaste généralement non nommé et non décrit, c’est-à-dire invisible.
Chacune des chercheuses impliquées dans ce projet traitent d’une population différente en questionnant leur visibilité ou leur invisibilité, à savoir :

  • les femmes en situation de handicap mental ;
  • les femmes dites sans domicile fixe ;
  • les femmes victimes de violences conjugales ;
  • les personnes précaires prises en charge en médecine générale.

Ces quatre populations sont au coeur de 4 thèses de doctorat dirigées par Geneviève Cresson.

Estelle SOUDANT DEPELCHIN réalise une thèse sur «  les politiques sociales, le genre et la question SDF » dont l’objectif est d’analyser la prise en compte du genre dans la construction des politiques sociales centrées autour de la question SDF, dans la mise en oeuvre locale de ces politiques et dans les trajectoires des SDF eux-mêmes. Elle participe à une recherche pour l’ONPES avec Corinne Lanzarini intitulée : « Les trajectoires de sans abri : Effets sur la fréquentation, les attentes et les représentations de la prise en charge sociale ». La recherche est menée à Paris et à Lille d’une part, sur des sans-abri ayant fait parti des Enfants de Don Quichotte et d’autre part, sur des sans-abri n’ayant pas appartenu au mouvement des Enfants de Don Quichotte.

La thèse de Caroline de Pauw s’intitule "les médecins libéraux face aux personnes précaires". Partant du constat de la complexité de la prise en charge des personnes précaires en médecine générale, l’objectif de la thèse est d’aboutir à une typologie des prises en charge médicales de la précarité ainsi qu’une analyse de contenu du traitement médiatique des questions relatives au refus de soins aux bénéficiaires de la CMUc (Couverture Maladie Universelle complémentaire). Une enquête semble également nécessaire :

  • auprès des personnes précaires elles-mêmes pour savoir comment elles perçoivent leur médecin, quel rôle social elles leur donnent en fonction de leur secteur d’exercice ;
  • auprès des spécialistes en ciblant notamment ceux qui refusent des soins aux personnes précaires.

Le projet de thèse d’Olivia Volpi consiste en une étude comparative de la prise en charge professionnelle et associative des violences conjugales dans le Nord-Pas-de-Calais. Les violences conjugales, enjeux majeurs de droits humains, de développement durable et de santé publique, sont un sujet très documenté. La pratique, cependant, apparaît parfois en décalage par rapport au savoir accumulé sur le sujet. La qualité de la prise en charge des auteurs et des victimes de violences conjugales par les professionnels de justice, de police, de santé publique ou d’action sociale, et les bénévoles, y compris en terme de prévention, pose problème et peut aggraver le traumatisme subi. Le Nord-Pas-de-Calais est un terrain particulièrement intéressant : d’une part, la Région est celle qui connaît le plus fort taux de décès des suites des
violences conjugales. D’autre part, il apparaît que le Nord-Pas-de-Calais applique, sur l’ensemble de son territoire, des politiques divergentes à l’encontre des auteurs de violences conjugales, allant de l’indulgence à la sévérité. Du côté des acteurs, on cherchera à comprendre comment les professionnels et bénévoles définissent l’efficacité de leur action et les bonnes pratiques de la prise en charge. Du côté des collectifs, on s’intéressera à la façon dont des logiques d’action différentes ont pu se développer.
Enfin Christine Gruson s’intéresse à la question de la maternité chez les femmes en situation
de handicap mental.

Thème 3 : Sociologie de la santé

Quatre recherches sont actuellement en cours dans le champ de la sociologie de la santé. Les deux premières ont trait aux cancers. Dans le premier cas, la recherche s’intéresse aux processus qui conduisent au diagnostic médical des cancers. Dans le second, ce sont l’engagement de l’entourage et les relations qui se mettent en place entre les proches et les professionnels qui sont interrogés. La troisième analyse les relations entre professionnels des
équipes hospitalières des malades en fin de vie. Enfin la quatrième introduit la notion de spatialité.

Influence, convergence, dissonance cognitives et normatives dans les réseaux d’échange de parole et de ressources. (Alexis Ferrand)

Ce thème recherche,

  • concerne des réseaux sociaux a priori non limités dont les « structures » font l’objet d’une approche théorique spécifique privilégiant l’idée de « modèles génératifs » ;
  • concerne des normes, des savoirs et des croyances, se rapportant principalement à la santé et à la maladie ;
  • tente de formaliser des processus de convergence (susceptibles de produire des innovations) et de dissonance « segmentée » (susceptibles d’autoriser le pluralisme cognitif et normatif chez un acteur), plutôt que ceux d’influence (susceptible de produire une diffusion) ;
  • souhaite explorer les apports possibles des procédures de simulation de la dynamique des réseaux sociaux, aux deux niveaux de l’établissement-destruction des relations et des confrontations cognitives et normatives.

Les proches de patients atteints d’un cancer ORL et pédiatrique. Configurations
relationnelles et mise en oeuvre des compétences profanes
(Michel Castra, Geneviève Cresson et Ségolène Petite, recherche financée par l’Inca).

L’objectif de cette recherche est d’abord d’examiner l’engagement de l’entourage – non seulement quels sont les proches qui s’engagent mais également quelles tâches ils effectuent. Il s’agit précisément d’étudier comment se construit au sein de l’entourage « une petite société à son usage » qui entoure la personne malade et comment cette petite société évolue au fil de
la maladie. À travers l’étude des relations entre proches et professionnels, il s’agit aussi d’explorer les représentations mais aussi les modalités de l’échange entre ces deux catégories d’acteurs qui occupent une place centrale autour du malade atteint de cancer.

Formes de coordination entre équipes hospitalières autour de la fin vie à l’hôpital (Michel Castra).

Ce travail vise à explorer, à partir des équipes mobiles de soins palliatifs, les formes de coordination entre équipes hospitalières autour de la fin vie à l’hôpital. C’est en particulier la question de la circulation des savoirs et des compétences de même que l’établissement de modalités nouvelles d’échanges entre professionnels fondées sur des activités d’expertise et de conseil qui est au centre de ces recherches.

Santé publique, participation citoyenne et territoires dans la Région Nord - Pas-de-Calais (Geneviève Cresson, Marc Beaurepaire, Bernadette Delaval)

La territorialisation de la santé publique ne s’est pas faite linéairement, surtout dans une Région, qui a été pionnière en la matière, allant bien au-delà de ses obligations légales ; les premiers dispositifs se sont d’abord accommodés des évolutions législatives et en ont parfois facilité l’implantation au plan institutionnel, mais ils ont ensuite été confrontés aux lois plus récentes, en particulier à la loi de santé publique du 9 août 2004. Notre projet consiste à
décrire et analyser les modes de coexistence ou de confrontations entre les politiques nationales et les politiques locales de santé, ainsi que leurs conséquences sur les acteurs : professionnels, élus, bénévoles, habitants. Nous visons à la fois la description du fonctionnement concret, la compréhension des éléments moteurs ou freins et l’analyse des collaborations ou concurrences entre les acteurs. Nous nous centrerons sur les programmations PRS et PRSP et la question des usagers (en ne nous y limitant pas, pour tenir compte du contexte si nécessaire). Nous en privilégierons 4 : la première est populationnelle (Santé des enfants et des jeunes) ; la seconde thématique (Conduites de Consommation à Risques) ; le programme régional d’accès à la prévention et aux soins (PRAPS) correspond à un dispositif national « imposé » dans les régions ; enfin, le programme « Bien vieillir en
Nord-Pas-de-Calais », est apparu avec le PRSP.
De façon opérationnelle et raisonnée, nous avons identifié 4 territoires que nous présenterons en fonction de leurs particularismes dans la partie méthodologie.

  • recueil et analyse documentaire en ce qui concerne les politiques et les programmations (qu’elles soient nationales, régionales, territoriales ou locales) ;
  • entretiens avec les opérateurs régionaux : techniciens, élus, coordinateurs de programmes ou encore représentant des associations régionales ;
  • entretiens sur quatre territoires infra-régionaux : la métropole lilloise, la communauté urbaine de Dunkerque, Montreuil et l’agglomération de Lens-Lièvin.

Si nous bénéficions d’un recul de plus de 10 années, nous ne saurions ignorer que notre recherche sera concomitante avec la mise en place des Agences Régionales de Santé. Nous en ferons un objet d’étude spécifique. Coordonnée par une PU en sociologie à Lille 1, cette recherche associe des professionnels en lien avec les dispositifs institutionnels, la pratique des acteurs régionaux et locaux. Nous nous assurons de ce fait d’un accès facilité aux ressources.
Ce partenariat permet également d’envisager des retombées opérationnelles sur le plan de la communication et de la formation d’acteurs parmi lesquels nous ne saurions ignorer la place des élus.

Thème 4 : Démographie économique et sportive

Deux recherches sont actuellement menées en démographie ; l’une en démographie sportive, la seconde en démographie des entreprises. Elles ont en commun la mise en place de suivis longitudinaux à partir de données émanant de fichiers non élaborés à des fins statistiques, à savoir le fichier des licenciés d’Haïkido en France et le répertoire des entreprises et des établissements (SIRENE) gérés par l’Institut National de le Statistique
et des Etudes Economiques.

Démographie sportive (Jean-Marie DUPREZ)

La recherche menée en partenariat avec des chercheurs de Nanterre a pour but de suivre les trajectoires longitudinales des licenciés de la Fédération française d’Haïkido.

Démographie économique (Frédérique Cornuau)

L’objectif de cette recherche est de comprendre les mécanismes à l’origine du renouvellement du tissu productif grâce à la mise en place d’un suivi longitudinal de la démographie des entreprises et des établissements : création, cessation et transferts d’entreprises et d’établissements. Le suivi longitudinal permet seul de distinguer ce qui est imputable à des effets de comportements de ce qui est imputable à des effets conjoncturels. Ce travail s’appuie sur l’expérience d’une première analyse de démographie des entreprises d’Aquitaine. Il porte cette fois sur des entreprises et des établissements du Nord-Pas-de-Calais, suivis sur 18 ans pour les cohortes les plus anciennes, ce qui va bien au-delà des résultats généralement produits qui se limitent souvent à un horizon de 5 ans. La mise en oeuvre d’un suivi
longitudinal des établissements permettra d’étendre l’analyse en prenant en compte les questions d’emploi. Dans un second temps, la recherche abordera les évolutions intemes des entreprises pluri-établissements et plus précisément à leurs recompositions, en adoptant la méthodologie d’analyse démographique des ménages (probabilités d’agrandissement ou de réduction de la taille des entreprises suite à la création ou à la cessation d’établissements).
Dans un troisième temps, la recherche portera sur les caractéristiques des créateurs d’entreprises Une première étude, menée sur le sujet à partir des données du recensement et de l’enquête sur les histoires familiales de l’INSEE de 1999 a donné lieu à une publication : « Qui sont les entrepreneurs en France ? Comment économistes et statisticiens se représententils les entrepreneurs ? ». Elle se prolonge actuellement dans le cadre d’une étude sur une souspopulation particulière que sont les femmes entrepreneurs ou les femmes créatrices d’entreprises.
Enfin des travaux plus théoriques sont menés sur l’homogamie (Jean-Marie Duprez) ou sur les structures des réseaux et convergence cognitive.

Structures des réseaux et convergence cognitive (Alexis Ferrand)

On considère ici une structure comme un modèle génératif, i.e. l’ensemble des propositions conduisant un acteur type à établir, maintenir, supprimer, une relation sous contrainte des relations préexistantes.
Ce modèle génératif est conçu d’un côté à partir de théories et de connaissances existantes concernant les réseaux de relations sociales, d’un autre côté à partir des contraintes d’une implémentation sous forme de simulation multi-agents. Il s’agira, à partir de simulations, de comprendre sous quelles conditions à la fois sociométriques et cognitives des réseaux de relation peuvent supporter des cognitions hétérogènes (notamment pour un même acteur) et sous quelles conditions les équilibres cognitifs peuvent être rompus entraînant des « vagues » d’ opinion.
Comme le montre la présentation des différents recherches en cours au sein du programme, elles sont, le plus souvent, à l’intersection de plusieurs champs (famille – travail / maternité – santé / logement – travail, ...) mais aussi de plusieurs disciplines (sociologie et démographie) et de plusieurs méthodes (qualitatives et quantitatives). De plus, dans un certain nombre de recherches, la dimension genre est au coeur des préoccupations (Relation famille – emploi,
trajectoires des salariés, vulnérabilités, ...) ajoutant encore à la cohérence des recherches du programme.