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Axe 3 - Economies et sociétés : développement, richesse, innovation et régulation

publié le , mis à jour le

Coordination : Benoît Lallau



Cet axe rassemble des recherches dont l’objet général est le fonctionnement des systèmes économiques contemporains en tant qu’ils sont encastrés dans un environnement social et dans un environnement naturel. Sur le plan positif, l’objectif est de mettre au jour les constructions institutionnelles et les régulations politiques qui se fondent toujours sur des conventions de richesse historiquement et géographiquement contingentes et par lesquelles le développement économique est possible. Il est également de penser les formes du développement et de l’innovation, en les reliant aux contextes institutionnels local ou global. Sur le plan normatif, l’enjeu est de questionner la légitimité et la durabilité de ces systèmes économiques. L’angle d’attaque combine analyse structurale de l’ordre macroéconomique et analyse compréhensive des jeux d’acteurs individuels ou collectifs, lesquels ne sont jamais réduits à de simples homo economicus, mais sont dotés de véritables capacités cognitives, constructives et éthico-politiques qui permettent de saisir la singularité des crises, de penser la spécificité du changement institutionnel et d’éclairer le débat public.




Thématique 3.1
Dynamique de l’accumulation – répartition et mutations du capitalisme (DARMC)



Mots-clés : Accumulation du capital, répartition des revenus et des richesses, économie monétaire de production, financiarisation, Etat social, politique économique





Objet central



Les recherches développées dans la thématique « Dynamique de l’accumulation – répartition et mutations du capitalisme » (DARMC) sont orientées vers une appréhension cohérente et pertinente des cadres institutionnels et des dysfonctionnements propres au type d’économie dans lequel nous vivons effectivement : le capitalisme globalisé i) dirigé par la finance, ii) régulé sur la base d’indicateurs et de modes de coordination socialement construits.



Cadre théorique


La thématique Dynamique de l’accumulation – répartition et mutations du capitalisme (DARMC) s’inscrit pleinement dans les principaux courants de la macroéconomie hétérodoxe contemporaine : la théorie post keynésienne (TPK) et les approches institutionnalistes. La TPK peut être présentée aussi bien comme une synthèse entre l’économie politique classique et l’analyse keynésienne (Joan Robinson) que comme une dynamisation de la théorie de Keynes (Roy Harrod), dans la mesure où elle reprend la dynamique ricardienne du couple accumulation – répartition dans une perspective keynésienne où la production est tirée par la demande plutôt que poussée (ou limitée) par les ressources disponibles.
Les approches institutionnalistes (notamment école de la régulation, économie des conventions) ont en commun de proposer une analyse historiquement et socialement située qui cherche à mettre en avant les interactions entre acteurs et les supports formels (règles, institutions, rapports sociaux) et informels (confiance) qui assurent leur coordination.




Thèmes de recherche



Les travaux développés dans ce cadre théorique et orientés vers cet objet s’organisent autour de cinq thèmes de recherche principaux.



1 - Les fondements micro économiques de la macro économie post keynésienne
Analyse des politiques de prix, d’investissement et de financement de la grande firme capitaliste agissant sous contraintes concurrentielle et financière.



2 - L’instabilité de la croissance capitaliste
Les forces stabilisatrices endogènes sont-elles toujours suffisantes pour échapper à l’instabilité harrodienne en l’absence de politique économique visant délibérément la stabilisation de la croissance ?



3 - Modalités et effets de la financiarisation
Modalités de l’emprise de la sphère financière sur l’économie productive et effets macro économiques en matière d’emploi, de croissance et de répartition de la financiarisation du capitalisme.



4 - Macroéconomie et régimes monétaires.
Analyse des régulations macroéconomiques en régime de monnaie unique dans un espace économique en voie de convergence : le cas de la zone euro.



5 - L’Etat social, sa crise, ses mutations
Comment l’Etat social, entendu dans une version étendue (c’est-à-dire englobant la protection sociale, la régulation des rapports de travail, les services publics, et les politiques économiques de soutien à l’activité et à l’emploi), se métamorphose-t-il au gré de ces transformations macroéconomiques ? Quelles sont aussi les transformations dans ses relations à des parties prenantes, en particulier l’économie sociale ?



Les recherches menées au sein de la thématique DARMC s’articulent avec la thématique HPES (3.4), elles sont nourries de la conviction que les grands auteurs ne sont jamais vraiment dépassés et que la méditation des grands textes devrait continuer à alimenter la recherche contemporaine en sciences sociales. Elles ont par ailleurs en partage avec les deux autres sous-axes une pratique de l’analyse économique qui, tout en affirmant la spécificité de son objet et de ses méthodes, ménage tout naturellement des ouvertures vers d’autres sciences sociales : la sociologie d’abord, mais aussi l’anthropologie, les sciences de gestion, les sciences politiques.



Réseaux et collaborations


L’insertion des chercheurs dans les principaux réseaux nationaux et internationaux d’économistes hétérodoxes est forte (ADEK, AFEP, Economistes atterrés, Institut Hans Böckler Stiftung : institut de recherche économique des syndicats allemand, liens avec le CEPN). Laurent Cordonnier et Franck Van de Velde dirigent la collection "L’économie retrouvée" aux Presses du Septentrion. Ils animent un séminaire de macroéconomie keynésienne à l’Ecole Doctorale.



Articulation avec les formations

Thématique 3.2
Vecteurs économiques, sociaux et environnementaux du développement (VEDEV)



Mots-clés : développement ; développement durable/soutenable ; responsabilité sociale des entreprises ; économie sociale et solidaire ; action collective et gouvernance ; économie écologique ; territoires.



Objet central


Dans le prolongement du programme Territoire, Environnement, Développement Durable (TEDD), la thématique VEDEV réunit des chercheurs travaillant sur les dynamiques économiques, sociales et environnementales du développement et du développement durable sur des territoires variés, au Nord et au Sud. Le développement des territoires est appréhendé sous l’angle local et global. Sous l’angle local, on étudie les dynamiques économiques à l’échelle régionale, les processus d’innovation, les mutations urbaines, en mettant en avant le rôle central des acteurs à différents échelons, parmi lesquels l’économie sociale et solidaire (ESS), dans le développement durable. A l’échelle globale, le développement des territoires est analysé au regard dfes grandes mutations qui s’imposent aux pays et aux acteurs transnationaux (chocs liés à la mondialisation, impact sur les conditions de vie, l’accès aux services et aux ressources, etc.).




Cadre théorique



Au sein de la thématique VEDEV, le développement est considéré comme un processus non linéaire de transformation des institutions destiné a priori à améliorer les conditions de vie et le partage de la richesse mais pouvant en réalité aboutir à des inégalités croissantes, des vulnérabilités et des dégradations durables ou irréversibles, aux niveaux économique, social et environnemental. Les politiques et logiques du développement et du développement durable y sont appréhendées suivant une démarche institutionnaliste, qualitative et systémique, qui met en relation les dimensions économique, sociale et environnementale. Les travaux conduits par les chercheurs de VEDEV, sans négliger la dimension théorique, privilégient l’approche empirique de terrain fondée sur l’analyse des situations concrètes, où les acteurs sont plus que des unités économiques standards et interagissent autrement que sur les seuls marchés.




Thèmes de recherche


Les travaux conduits dans le programme VEDEV ont tous en commun d’étudier la soutenabilité (ou l’insoutenabilité) sociale et environnementale du développement, dans sa composante territoriale. Ce programme est décomposé en deux thèmes :



1 – Processus et facteurs de l’insoutenabilité.

Il s’agit d’examiner, dans différentes aires géographiques et différents secteurs, des processus et facteurs d’insoutenabilité : phénomènes d’inégalités et de conflits dans les domaines de l’agriculture, des ressources naturelles et de l’environnement, des transports, de la santé, etc. Cet examen inclut la mesure de ces phénomènes tout en adoptant une posture réflexive à l’égard de la quantification, et à l’égard de ce qu’être performant veut dire. A titre d’illustrations, l’étude de la résilience et celle des ruptures urbaines constituent des angles d’attaque féconds.



2 – Les vecteurs de la soutenabilité

Les vecteurs de soutenabilité sont étudiés en lien avec différents domaines : innovation, économie de la connaissance, biens publics locaux et globaux (ressources naturelles eau, santé), gouvernance des biens communs, responsabilité sociale des entreprises, services écosystémiques, écologie industrielle, coopération au développement. Chacun de ces domaines accorde une place importante à l’action collective et à celles des acteurs marchands ou non marchands locaux et globaux.
Le sous-axe VEDEV est destiné à dialoguer et interagir avec d’autres thématiques sous-axes. D’une part, les questions relatives aux limites du capitalisme globalisé et aux instabilités abordées dans le sous-axe 1 recoupent en grande partie les préoccupations de soutenabilité et de développement soutenable. D’autre part, la dimension réflexive et le corpus théorique mobilisé (économie institutionnelle, économie écologique…) s’appuient largement sur les questionnements méthodologiques, épistémologiques et philosophiques du sous-axe 3.



Réseaux et collaborations


La thématique VEDEV jouit d’une insertion locale affirmée à travers le réseau Développement Durable et Territoires Fragiles (DDTF), devenu Association Développement Durable et Territoires (DDT). Ce réseau puis cette association constituent un dispositif central de la connexion des travaux du VEDEV avec les préoccupations régionales (rénovation des anciennes zones industrielles à fort impact environnemental, place des acteurs locaux dans le développement durable régional etc.).


Les chercheurs de VEDEV ont des activités étroites et régulières avec des réseaux et centres de recherche nationaux tels que l’association Tiers Monde, le Laboratoire d’économie des transports de Lyon II, le Centre d’études techniques de l’équipement Nord Picardie, etc.
Les membres de la thématique sont également régulièrement sollicités comme experts pour les institutions et réseaux de recherche : Conseil Régional, associations régionales (Réseau Lianes coopération, etc.), Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, le PREDIT (programme national de recherche et d’innovation dans les transports terrestres), Cités Unies France, pour ne citer que quelques exemples.


L’ouverture internationale est forte et se décline à travers le pilotage de plusieurs programmes et dispositifs internationaux par des membres de VEDEV : réseau Maghreb Technologie (Maghtech - coordonné par un membre de la thématique), Convention avec l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar (programme de recherche RSE, coordonné par un membre de la thématique) Laboratoire d’économie rurale et de sécurité alimentaire (LERSA - Université de Bangui - créé par un membre de la thématique). Par ailleurs les les membres de VEDEV occupent des responsabilités diverses dans des réseaux de recherche et sociétés savantes : association Tiers Monde, European Society for Ecological Economics, etc. Ils sont membres de plusieurs réseaux internationaux, à titre d’exemple l’UMI Résiliences réunissant des chercheurs d’universités françaises et africaines travaillant sur la vulnérabilité et la résilience dans les pays pauvres.



En outre, les revues référencées dans lesquelles sont impliqués les chercheurs de VEDEV depuis plusieurs années contribuent à l’ouverture de la thématique aux recherches nationales et internationales : Mondes en développement (rédaction en chef), Développement durable et territoires (direction éditoriale), Revue de la régulation (participation active au comité de rédaction), etc.




Articulation avec les formations


Les chercheurs du sous-axe VEDEV interviennent en particulier mais non exclusivement dans les formations en lien avec les questions de développement, d’économie et de management internationaux, de développement durable et d’économie sociale et solidaire. Ils y déclinent ces thématiques soit de façon générale (analyse et débats théoriques, méthodes, enjeux contemporains) soit en les appliquant à leurs terrains et/ou à leurs questionnements de recherche (économie de l’Afrique, responsabilité sociale d’entreprise, durabilité agricole, vulnérabilités, indicateurs etc.). Sont notamment concernées les spécialités suivantes de masters 2ème année : Ingénierie des projets de coopération ; Action publique, institutions et économie sociale et solidaire ; Commerce et management des affaires internationales.
Ils dispensent également des enseignements dans des mentions de masters 1ère année, en particulier : économie appliquée, économie et management internationaux. Enfin ils assurent des enseignements dans certaines mentions de licence proposant des cours d’initiation à leur domaine de spécialité (développement et développement durable).


Thématique 3.3
Services, Innovation, Travail, Entrepreneuriat (SITE)



Mots clés : innovation, entrepreneuriat, performance, services





Objet central



Les économies développées contemporaines peuvent être décrites selon trois perspectives fondamentales, qui constituent des objets de recherche et des enjeux de politique économique majeurs. Elles sont en effet des économies de services, des économies de l’innovation et des économies du développement durable. La thématique « Services, Innovation, Travail, Entrepreneuriat » (SITE) du Clersé réunit des chercheurs qui explorent chacune de ces perspectives, soit séparément, soit le plus fréquemment en explorant leurs articulations. Une place particulière est ainsi accordée i) aux dynamiques de l’innovation et du travail dans une économie de services, ii) aux dynamiques de l’innovation dans leur relation au développement durable, et iii) aux relations particulières que l’économie tertiaire entretient avec les problématiques environnementales.



Cadres théoriques


Les travaux de la thématique SITE s’inscrivent pour l’essentiel dans une perspective évolutionniste et néoschumpétérienne. Les dynamiques entrepreneuriales et d’innovation sont envisagées essentiellement dans leurs inscriptions sociales et spatiales (systèmes locaux, nationaux et sectoriels d’innovations, clusters et pôles de compétitivité, réseaux d’innovation). Sur le plan méthodologique, les travaux articulent des méthodes d’investigation qualitatives, des approches historiques, mais aussi des méthodes quantitatives et de simulations multi-agents. En amont de ses thématiques principales, (et en relation avec les autres thèmes de l’axe 3), le programme « SITE » poursuit également une réflexion fondamentale sur l’origine des concepts, dans les domaines de l’économie de l’innovation et des services. Parmi ses différents centres d’intérêt, on peut ainsi évoquer l’apport de Gabriel Tarde à l’économie évolutionniste de l’innovation et de la firme, les racines classiques de la définition des services, les relations entre la physiocratie et l’économie politique smithienne ou encore l’entrepreneuriat chez Jean-Baptiste Say.



Thèmes


1 - Economie de l’innovation et de l’entrepreneuriat

La thématique de l’innovation est abordée sous l’angle des services (voir point 3), mais elle l’est aussi d’un point de vue plus général indépendamment de la dynamique sectorielle. Dans cette perspective générale, ce premier champ de recherche peut être décliné en quatre trajectoires complémentaires qui abordent les questions de l’innovation et de l’entrepreneuriat sous l’angle i) des territoires, ii) du développement durable, iii) de l’emploi et des qualifications, iv) de l’histoire de la pensée économique.



2 - Economie des services

Le champ de l’économie des services, qui constitue avec l’économie du travail l’une des thématiques historiques du Clersé, est décliné selon un certain nombre de problématiques scientifiques correspondant à des projets de recherche. Les principales problématiques explorées sont les suivantes : i) la productivité et la performance dans les services (cette question est envisagée essentiellement sous un angle méthodologique et stratégique), ii) les services dans leurs relations à l’emploi (il s’agit de la question ancienne, mais toujours d’actualité de la société de services envisagée comme « sociétés de serviteurs » ou comme « sociétés d’ingénieurs et de professeurs », iii) les services et le développement durable (l’hypothèse explorée à la fois sous l’angle qualitatif et quantitatif est celle des services « plus verts » que l’industrie).



3 - Economie de l’innovation dans les services

L’économie de l’innovation dans les services se trouve à l’intersection des deux champs de recherche évoqués précédemment. Il s’agit d’un espace de dialogue particulièrement intéressant et stimulant pour les deux champs principaux. Cette thématique regroupe un nombre significatif d’opérations scientifiques consacrées non seulement à la question de l’innovation dans les services, mais aussi à celle de l’innovation par les services, c’est-à-dire à la question de la contribution des services intensifs en connaissances à l’innovation des autres secteurs de l’économie. Les principales questions de recherche abordées sont les suivantes : i) les réseaux d’innovation public-privé dans les services, ii) l’innovation dans les services publics, iii) l’innovation sociale dans ses relations à l’innovation de service, iv) les politiques environnementales et les éco-innovations des firmes de services.



Réseaux et collaborations


Les membres du programme SITE assurent des responsabilités significatives dans l’animation scientifique de plusieurs sociétés savantes :


• Le RESER (Réseau européen de recherche sur les services). Le RESER organise un colloque annuel. Ses membres sont régulièrement associés dans des projets de recherche européens ou des manifestations d’experts sur les thématiques des services et de l’innovation dans les services. Plusieurs membres de SITE appartiennent au comité de direction de ce réseau.



• Le RRI (Réseau de Recherche sur l’Innovation. Le RRI organise deux manifestations annuelles : un colloque international et une école d’été. Il organise également à Paris un séminaire mensuel autour d’un invité. Ce séminaire réunit en moyenne une trentaine de personnes qui viennent des différentes universités partenaires. Plusieurs membres de SITE appartiennent au comité de direction de ce réseau.



• La Société Internationale Jean-Baptiste Say /Jean-Baptiste Say International Society (SAYS). Plusieurs chercheurs du programme sont membres fondateurs de cette association.
L’ACGEPE (Association Charles Gide pour l’Etude de l’Histoire de la Pensée Economique). Deux membres du programme SITE siègent au Conseil d’administration.
L’HES (History of Economics Society)
L’INEM (International Network for Economic Method) 
L’Académie de l’entrepreneuriat. Deux membres du programme SITE siègent au Conseil d’administration.



Articulation avec les formations


Les membres de la thématique SITE sont responsables de plusieurs spécialités de master particulièrement bien adossées à leurs activités de recherche :


• Master mention EME (Economie et Management des Entreprises), qui réunit outre un master 1 comportant plusieurs parcours, sept spécialités de Master 2.



• Master 2 MEFOS (Management et Economie des Firmes et des Organisations de Services). • Master 2 SIDE-Université Lille 1 (Stratégie d’Innovation et Dynamiques Entrepreneuriales).



• Master 2 SIDE-Université ULCO (Stratégie d’Innovation et Dynamiques Entrepreneuriales). Ce master et le précédent sont cohabilités par l’Université Lille 1 et l’Université du Littoral Côte d’Opale. Ainsi, la collaboration scientifique entre des membres du Clersé appartenant à différentes universités régionales se poursuit dans le domaine pédagogique.



• Master 2 CMAI-COMEX (Commerce et Management des Affaires Internationales).



Outre ces formations qui sont gérées par les membres de SITE, d’autres formations sont adossées sur les activités de recherche du groupe. Il s’agit en particulier du Master 2 spécialité MLIT (Management Logistique et Ingénierie du Transport), et du Master 2 OGC (Organisation, Gestion, Contrôle).




Thématique 3.4
Histoire et philosophie de l’économie et de la sociologie (HPES)



Mots-clés : Méthodologie, épistémologie, sociologie du champ économique, histoire de l’analyse économique, histoire des idées économiques et sociales, philosophie économique.




 

Objet central


L’objet central de la thématique est l’histoire de la pensée économique et sociologique, de philosophie de l’économie, et enfin l’épistémologie des questions théoriques abordées dans les deux autres sous-axes. On y distingue 3/4 thèmes de recherche principaux. L’histoire de la pensée économique et la philosophie économique pratiquées par les chercheurs d’HPES s’inscrit en complémentarité avec les autres thématiques et, au-delà, avec la pluridisciplinarité du Clersé.



Cadre théorique


Au sein de la thématique, les approches de l’histoire de la pensée économique sont plurielles : elles relèvent soit de l’histoire analytique, appuyée sur une lecture critique des textes, soit d’une histoire contextuelle qui permet de saisir l’historicité des concepts. Quand à la pratique de la philosophie économique ou de l’épistémologie, elles sont principalement fondées sur une réflexion autour des finalités de l’action humaine (l’être social ou politique), sur la théorie de l’agent économique et sur les relations de l’économie avec d’autres sciences sociales (sociologie principalement).



Thèmes de recherche


1 – Histoire de la macroéconomie au 20e siècle

Dans ce thème, on trouve des recherches qui relèvent spécifiquement de l’histoire de la pensée macroéconomique : histoire de la macroéconomie au 20e siècle, théories de la croissance et des cycles depuis la fin du 19e siècle à nos jours (Juglar, Schumpeter, Keynes), ou encore histoire des courants (keynésiens, poste-keynésiens, école de la régulation, école des conventions, macroéconomie nouvelle-classique). Cette thématique de recherche intéresse particulièrement les chercheurs de la thématique 3.1, en permettant une approche réflexive et critique des travaux théoriques dans la tradition post-keynésienne.



2 – Richesse, marchés, justice : concepts, dérivations, applications
Ce thème rassemble des recherches qui interrogent les constructions théoriques fondamentales de l’économie et de la sociologie du champ économique : la richesse, la production, l’échange, les « marchés ». Il se décline à plusieurs niveaux :

– Recherches sur des concepts liés (misère, pauvreté, bonheur, exploitation, équité, consommation, commerce équitable, monnaie, la concurrence, l’innovation, l’entrepreneur, l’évolution).


– Travaux sur les indicateurs qui incarnent ces grands concepts (le PIB, la croissance économique, l’activité productive, voire l’emploi), réflexion sur les conventions constitutives de ces indicateurs (conventions de représentation, conventions de compte), enjeux de ces constructions et de ces conventions pour la régulation économique et le fonctionnement des systèmes démocratiques.


– Travaux de sociologie du champ économique et de socio-économie sur les formes de la coordination et sur la construction sociale des marchés. Loin des représentations stylisées des marchés comme confrontation d’une offre et d’une demande, les « marchés » tels qu’ils sont envisagés dans les travaux relevant de la sociologie économique sont appréhendés à partir des institutions et des réseaux qui les constituent, et s’appuient sur l’analyse de la diversité des règles implicites ou explicites nécessaires pour leur fonctionnement. Quels sont les processus par lesquels des acteurs font émerger ces règles qui cadrent ces marchés, entendus comme des mondes sociaux ?



3 – Philosophie et épistémologie de l’économie et de la sociologie par les grands auteurs

Un grand nombre de recherches s’appuient explicitement sur une réflexion critique menée à partir de grands auteurs de l’économie, de la sociologie, ou de la philosophie morale et politique : Arendt, Aristote, Durkheim, Hayek, Hegel, Keynes, Marx, Pareto, Polanyi, Say, Simmel, Tarde, Walras). Ces auteurs fournissent un camp de base pour des réflexions de nature philosophique ou épistémologique appliquée à nos disciplines (théories de l’action, rationalité individuelle et collective, modélisation et quantification, théories évolutionnaires de l’économie). Un certain nombre de travaux menés dans cette direction intéressent particulièrement la thématique 3.2, en permettant d’affiner l’ancrage conceptuel des analyses et recommandations sur le développement.



Réseaux et collaborations


Les chercheurs de la thématique HPES sont actifs dans diverses revues des domaines de l’histoire de la pensée économique, de la philosophie économique ou de revues généralistes en économie et sciences sociales (Œconomia – History/Methodology/Philosophy, Revue Française de Socio-économie, L’Homme et la Société, Revue économique, Social Science Information, Economies et sociétés-série PE). Ils ont également des activités de responsables de collections chez divers éditeurs (Presses du Septentrion, Classiques Garnier, ENS éditions)
Ils ont des liens ou des activités dans les sociétés savantes ou groupes de recherche du domaine (ESHET, HES, Association Charles Gide, Association internationale Walras, ADEK, séminaire de recherche en économie autrichienne)
Ils sont également insérés dans les réseaux institutionnels de recherche locaux (Maison Européenne des SHS de Lille ; Conseil Scientifique et technique de la "Transformation écologique et sociale du Nord-Pas-de-Calais")



Articulation avec les formations


Les enseignements assurés par les membres rattachés à la thématique HPES couvrent l’éventail des besoins en cours introductif ou en cours de spécialité (du L1 au M2) : Histoire de la pensée économique, épistémologie économique et des sciences sociales, sociologie économique, théorie de la justice sociale, théories de la justice, questions d’éthique, les grands auteurs de la sociologie, théories et histoire des idées sociales, histoire des faits économiques. Sont particulièrement concernés par ces enseignements : le M1 d’économie appliquée, les séminaires de l’Ecole Doctorale SESAM (ainsi que la direction), en M2 et dans plusieurs séminaires de l’école doctorale, le M2 SESA. Ils interviennent également au sein du master DEIPP, dans le M1 sociologie, Master AESS,